Encore une conférence aujourd’hui organisée par l’Université d’Ottawa, avec l’ancien ambassadeur d’Ukraine au Canada (jusqu’à l’automne 2021), Andriy Shevchenko. Un orateur captivant. J’assiste à toutes les conférences que je peux, je lis tout ce que je peux, et ensuite je viens ici et j’essaie de décrire objectivement et avec un peu d’humour et de légèreté si possible ce qui se passe. C’est un sujet extrêmement émotif. Les panélistes, surtout ceux d’Ukraine, parlent de leur ville, leur maison, leurs proches en danger. Mais on dirait qu’il y a une sorte de consensus de rester disons « froid », pragmatique, parce que c’est important de faire passer les informations, et ça ne donnerait pas grand chose de plonger dans les émotions et de pleurer. Puis moi de mon côté je prends mes notes, je vais chercher des cartes, et j’écris, parce que je crois que c’est important de transmettre les informations que j’ai la chance de recevoir.

Aujourd’hui je prévoyais assister à cette conférence justement, puis venir ici et écrire sur un autre sujet, vraisemblablement sur l’identité des Ukrainiens ou sur les attaques aériennes. Ça sera pour demain ou peut-être après-demain. Parce que là je vais plutôt parler des émotions. L’ambassadeur a commencé et terminé son discours avec un message très fort. Et même si, comme d’habitude dans ce genre d’événement, tout le monde restait très lucide, l’émotion dans sa voix, dans ses mots était palpable. Et je n’ai pas réussi à rester aussi distante que d’habitude, à me concentrer sur les faits, à comment les présenter plus tard dans un texte. Je me suis ramassée à pleurer devant mon écran d’ordi, en buvant mon smoothie, à trouver que je ne mérite pas de boire un smoothie, parce que comment être heureux de quelque chose quand il y a des horreurs comme ça dans le monde. Mais bon, on pourrait dire ça pour tout, tout le temps. Là, ça me touche plus parce que ça concerne la région que je préfère au monde j’imagine.

Plage de Mariupol, image prise sur ce site

Ce matin, il y a eu des bombardements dans la ville de Mariupol. Dans le sud de l’Ukraine, sur le bord de la mer et assez proche de la Russie. C’est probablement une ville de vacances en temps normal. Un hôpital d’accouchement (childbirth hospital, peu importe comment ça se traduit) a été touché. En dehors du fait que ça montre que les bombardements russes ciblent des infrastructures civiles, comment ne pas être retourné par les mots de l’ambassadeur, qui demande ce que ces nouveaux-nés ont fait pour mériter ça. En même temps, il, et tous les autres Ukrainiens que j’ai entendus, parlent du message de ralliement que ça envoie. L’Ukraine est unie face à l’ennemi, et se bat pour son futur, pour les enfants qui naissent à travers les bombes.

Et qu’est-ce qu’on peut faire. Je finis mon smoothie. Je m’en vais faire l’épicerie. Je ne sais pas quoi dire.

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