Abonnée à des sites sur l’histoire du communisme, quelle n’a pas été ma surprise ce matin de voir un texte sur les déportations de l’Estonie: Ballad of Siberia: Photographs of the daily life of Estonian deportees. Et qui plus est, sur un photographe qui a été déporté et qui a documenté son histoire.

La photo qui a attiré mon attention sur l’article. Prise par Vello Hindreus sur le site Communist Crimes

Quand j’ai parlé de ce sujet pendant plusieurs semaines en septembre et octobre, l’un des plus gros défis était de trouver des photos pour illustrer. C’était une époque où ce n’était pas très répandu de prendre des photos, surtout dans un endroit aussi reculé, et les photos « officielles » soviétiques n’illustraient pas la vie quotidienne des gens, mais servaient plutôt à documenter des événements, comme la visite de Staline d’un gulag par exemple. Alors je me rabattais beaucoup sur des photos de trains, un élément central des déportations, du paysage de la Sibérie, et de quelques photos d’archives que je pouvais trouver en ligne. Il y en a plus, comme celles présentées dans le musée Vabamu, mais elles font partie de collections privées et ne sont pas facilement accessibles.

Donc j’ai particulièrement apprécié l’article que j’ai découvert ce matin, dont voici le lien. Je vous recommande fortement d’aller le consulter, mais pour le résumer brièvement, c’est l’histoire d’un Estonien qui a été déporté lors de la fameuse opération Priboi. On voit avec ses antécédents familiaux pourquoi il était considéré comme un ennemi du régime communiste, et comment il a été « capturé » et déporté. Mais le texte est plutôt positif, et parle de sa rencontre avec sa femme, et de la naissance de leurs enfants. Et l’histoire finit bien, ils sont rentrés en Estonie. Ce qui est surtout intéressant, c’est de voir comment il a pu prendre des photos, et surtout les développer, et la démarche derrière, l’intention de montrer la vie des déportés en Sibérie. Et c’est le genre de photos que je recherchais pour mes articles. Je vous invite à aller les voir, ainsi que l’entrevue que le photographe donne! Ça montre bien ce que j’essayais de raconter et ce que j’avais vu dans le musée Vabamu, qui était constitué d’archives personnelles d’Estoniens qui ont voulu contribuer.

D’ailleurs, pour finir, le texte annonce qu’un nouveau musée sera ouvert en 2026, le Memorial Museum for the Victims of Communism. Il sera situé dans l’ancienne prison Patarei, et les gens sont invités à contribuer en faisant don de matériel relatif à l’occupation soviétique. Si je retourne en Estonie un jour, j’irai le visiter! Et en attendant, je trouve géniale cette façon de créer collectivement des musées, en faisant participer la population. Ça donne des expositions beaucoup plus personnelles, ça garde la responsabilité de transmettre l’héritage et ça rend l’histoire vivante.

4 commentaires »

  1. Je viens de lire le lien effectivement très intéressant tout un parcours de 1930 à 2020. C’est difficile d’imaginer qu’il a vécu la déportation et qu’il vient seulement de mourir. J’ai aimé la vidéo. Pour ce qui est du nouveau musée en 2026 j’imagine bien que tu aimerais le voir.

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