Deux histoires aujourd’hui pour justifier une peur pour le moins irrationnelle, celle des éventails.

J’avais déjà parlé du ballet Coppélia, en Roumanie, où j’étais la poupée chinoise. En accessoire, j’avais deux éventails, déjà ouverts lorsque le rideau se levait, et qui devaient rester sagement sur mes genoux pendant ce long moment où j’étais assise. Il y avait quand même beaucoup d’action autour de moi, allant des paysannes puis du prince qui examinent les poupées, jusqu’au fabricant qui vient vérifier par après qu’elles sont toujours en bon état. Ce fabriquant, Coppélius, était vêtu d’une longue cape noire, qui servait à rendre le personnage mystérieux et dramatique. Pour moi, cette cape, c’était plutôt un danger… que je ne pouvais pas éviter. Pendant les répétitions, par exemple, je recevais parfois la cape en plein visage, ce qui en soit n’était pas grave, mais c’était dur de ne pas laisser paraître de surprise!

Mais le pire, ça a été pendant un spectacle. La cape s’est emportée, et sur son passage, a accroché l’un de mes éventails… et l’a fermé. Je me retrouvais donc avec un éventail complètement ouvert, et l’autre, complètement fermé. En tant que poupée mécanique, je ne pouvais pas l’arranger… quand j’ai enfin pu bouger, j’ai profité d’un court moment où je me retrouvais dos au public pour le rouvrir. Ce n’est pas catastrophique, personne ne m’en a parlé après, mais ça m’a pas mal stressée!

1 an plus tard, en Bulgarie, je suis figurante dans un opéra. J’ai une superbe robe verte… et un éventail, encore. Je n’ai rien de particulier à faire avec, mais je suis quand même inquiète. Pendant toutes les répétitions, tout se passe bien, et je reprends confiance en mes capacités de tenir un éventail…

Vient le spectacle, le rideau se lève, j’ai mon éventail à la main, avec même un cordon de sécurité autour du poignet. Au moment où je dois commencer à marcher pour traverser la scène… j’échappe l’éventail. Aucune idée pourquoi. Je panique. Mon partenaire, qui devait m’escorter, commence à marcher, et me tire donc un peu par le coude. J’ai deux choix, et je dois choisir très vite. Je peux laisser l’éventail là pour ne pas retarder ma traversée. Mais je serais la seule « princesse » sans éventail. Et ça ferait un éventail qui traîne par terre. Dans un coin, difficile à voir, mais pas impossible, et un obstacle potentiel pour d’autres gens qui marchent par là. Donc j’ai plutôt choisi de me pencher le plus subtilement possible pour le récupérer. Encore une fois, ça n’a sûrement pas paru, mais sous les projecteurs et devant des centaines de personnes, le stress monte plus vite!

Je n’ai pas eu à utiliser d’éventails depuis, et je dirais que je préfère franchement les ventilateurs pour aérer, plus bruyants moins moins risqués!

5 commentaires »

  1. En retard, j’avais pas lu ce drame d’éventails je te comprends d’avoir perdu confiance vis à vis cet objet maléfique. Mai la photo dans ta magnifique robe pourrait presque être une peinture exposée dans un musé. Rien de mieux…..🏅

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