Enfin, la vidéo de la chorégraphie sur les déportations dansée lors du gala à la fin du stage! J’en ai tellement parlé, je suis contente de pouvoir la montrer! Après avoir présenté le contexte et mis en appétit avec des photos, voici enfin la danse, avec tout ce qui la rend vivante, la musique, l’éclairage, l’émotion. Un énorme merci à la chorégraphe Helen Veidebaum, à l’organisation du stage, plus particulièrement les directeurs Sergei Upkin et Galina Rohumaa pour avoir rendu le stage et le spectacle possibles, surtout dans les conditions actuelles. Merci de nous avoir donné un magnifique souvenir en filmant le gala. Merci aux spectateurs pour avoir partagé ce moment avec nous. Finalement, merci à mon amoureux pour avoir arrangé la vidéo pour que je puisse la montrer ici. Tous les crédits vont à Ballet Summer Estonia. Je présente seulement ici le numéro auquel j’ai participé, puisque je ne peux pas diffuser en entier, surtout que je n’apparaîs pas dans le reste du spectacle. Si vous êtes intéressés à voir le gala en entier, je peux vous le montrer en échange d’une poutine 😛

Je vous laisse regarder la vidéo, extraite du gala présenté le 1er août dernier, puis je complète avec mes commentaires.

Comme c’est une danse plus contemporaine, chacun l’interprète à sa façon, selon son vécu, et je trouve très intéressant de voir comment ça peut être perçu différemment. L’histoire que je m’imaginais, est que ça se passe dans les années 1950, au plus fort des déportations. Un groupe de femmes célèbrent les nuits blanches avec cette musique, une lente litanie chantée pendant cette période. Un peu comme une prière, elles s’adressent à leurs proches qui ont été déportés: allez-vous revenir? Et le fait qu’elles célèbrent un événement typiquement estonien amène le sens plus large du mal du pays que les déportés ont pu ressentir. Dans le même ordre d’idée, ça pourrait aussi être en Sibérie, des Estoniens qui dansent pour se rappeler leur pays. La fin pour moi symbolise le peuple estonien qui était peu à peu réduit, les gens qui disparaissent. Comme promis, je reparlerai plus en détails des déportations, mais cette chorégraphie montre que c’est encore un sujet d’actualité, sensible. Je trouve aussi merveilleux que ça puisse être abordé artistiquement. Comme quoi l’art peut avoir une facette politique, sociale, historique. Je suis très heureuse d’avoir pu y participer et d’avoir pu vivre cet aspect de l’Estonie de cette façon, qui selon moi est beaucoup plus accessible, et complémentaire à un aperçu historique. Et comme c’est un sujet tellement émotionnel, la danse peut le faire paraître, plus que des faits ou des chiffres. Évidemment, toute la souffrance vécue ne peut pas être réduite à une interprétation artistique, mais ça peut informer, sensibiliser, mettre à l’avant. J’ai des frissons chaque fois que j’entends cette musique, je trouve que ça peut toucher beaucoup de personnes, et qu’en ce sens, l’art a une forte portée.

Maintenant, pour le spectacle plus spécifiquement. Comme vous avez pu constater, c’est une chorégraphie qui a beaucoup d’effets de groupe, et c’est ça qui a été très long à mettre en place et à perfectionner. Mais c’était aussi presque libérateur de danser si proche après des mois à suivre des cours à distance! Même si c’était nécessaire, pour refléter les rites païens des nuits blanches, ça a été dur de danser pieds nus, la peau collait au plancher. J’ai encore des bouts de peau arrachés qui datent de ce moment. Sur scène, l’adrénaline prend le dessus, mais après, dans les coulisses, je me désinfectais immédiatement la peau à vif. Le moment le plus stressant était d’aller se placer dans la genre de ligne où on est toutes accotées l’une sur l’autre. Ça devait se faire rapidement, mais délicatement. J’ai eu beaucoup de bleus sur les jambes pendant les pratiques, en me jetant au sol trop fort par exemple. Heureusement, ça semble assez fluide en vidéo!

Dernière anecdote de scène: ça ne paraît pas, mais à un moment, ma tresse s’est coincée dans l’agrafe de ma robe. Je pouvais la laisser comme ça, et ne pas être capable de bouger ma tête autant que demandé… où je pouvais essayer de la décoincer. J’ai choisi l’option 2. Ça ne se voit pas, mais au moment où tout le monde sauf une s’accroupit dos au public, je me suis baissée encore plus, profitant du fait d’être cachée, et j’ai tirée jusqu’à ce que ça cède. J’ai passé le reste de la danse à n’avoir aucune idée si mes cheveux avaient l’air correct ou non par la suite. C’est entre autres pour ça que j’avais très hâte de voir!!

Seriez-vous intéressés par une série d’articles où je raconte d’autres anecdotes de scène du genre? Il se passe tellement de choses inattendues pendant les spectacles!

Je présenterai aussi prochainement une vidéo du spectacle de ballet sur pointes, avec les variations travaillées pendant le stage!

10 commentaires »

  1. Merci, c’est très intéressant et rempli d’émotion, encore davantage pour les Estoniens ou d’autres peuples qui ont vécu des situations semblables. Même si tous les mouvements sont étudiés et bien travaillés, on sent quand même de la spontanéité dans les déplacements à cause de la simplicité des gestes. J’ai trouvé l’ensemble de la présentation un peu trop sombre. C’est probablement voulu ainsi. Mais la photo de présentation en bleu est plus attrayante visuellement!

    Merci à Vincent pour son travail de montage!

    Je comprends que les pieds ont dû souffrir et je m’étonne que vous ayez pu faire autant de rapprochements physiques dans les conditions actuelles! Pour ta tresse, nous n’avons rien vu!

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  2. C’est une très belle performance et très émotive. On vient de la regarder Ensemble.

    Je trouve cela aussi très intéressant du fait que tu as pris le temps de bien intégrer la signification de cette danse pour les gens de l’Estonie. On voit bien que tu n’a pas seulement dansé pour toi mais surtout pour eux. Ils étaient dans l’audience et ce devait pour plusieurs être un moment de recueillement et de souvenirs douloureux. Oui je pense aussi que l’expression de ces grands moments par les arts doit leur permettre de se souvenir tout en savourant un spectacle. Un genre de thérapie!

    Merci de ton investissement pour leurs mémoires

    Bravo
    Papa et Maman
    😘

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  3. Et dire que si tu n’étais pas allée à ce Summer Workshop, on n’aurait peut-être jamais entendu parler de ce pays méconnu de nous, incultes nord-américains que nous sommes…..!
    Merci 😊
    En plus, on sait maintenant que Tallinn N’EST PAS en Pologne. 🙄

    Ah oui, aussi, un blog, c’est la place parfaite pour des anecdotes alors vas-y, lâche-toi lousse !

    Aimé par 1 personne

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