Nessebar, Bulgarie

Dans son livre Where the West Ends, le journaliste Michael Totten déplore son manque de préparation linguistique avant d’aller explorer les confins de l’Ukraine. Les pays de l’Est semblent effectivement par moment coupés de toute civilisation au-delà de la forêt qui borde leur village, alors ça peut vite devenir difficile de comprendre, et de se faire comprendre. Et, en tant qu’étranger, les panneaux routiers, les heures d’ouverture, les menus, etc. sont des informations assez importantes à déchiffrer pour évoluer dans le pays.

Les grandes villes et les lieux touristiques et fréquentés ont normalement au moins une traduction anglaise, voire allemande, française et/ou italienne, des écrits. Ça aide pour les pays comme la Pologne ou la Hongrie, qui partagent notre alphabet latin mais avec des lettres en plus, et ça peut devenir essentiel pour les pays comme la Biélorussie ou la Bulgarie, qui utilisent l’alphabet cyrillique. Dans le cas des lieux, parfois la dénomination dans la langue locale est différente de celle anglaise plus internationale, alors ça devient important de le préciser. Un panier routier sur une route principale indiquera donc Beograd d’abord et Belgrade ensuite, София en gros, puis Sofia en-dessous, ou encore Bucureşti en roumain, puis Bucharest en anglais, et ainsi les touristes sauront qu’ils se dirigent bien vers la capitale.

Menu en slovaque, anglais et allemand

Les destinations prisées adapteront aussi leurs écrits en fonction de leur clientèle. Ainsi, des villages sur le bord de la Mer Noire en Bulgarie reçoivent beaucoup de touristes polonais pendant l’été. Les restaurants ont donc un menu spécialement en polonais pour eux.

Par contre, même si le tourisme est en expansion depuis la chute du communisme, beaucoup d’endroits ne semblent pas encore avoir été touchés par la globalisation. Personnellement, j’adore, parce que ça rend l’expérience encore plus authentique (par exemple, la visite d’un musée d’histoire à Trenčín en Slovaquie par une guide qui ne parlait que slovaque), mais mon conseil pour les voyageurs qui quittent les sentiers battus dans ces pays est de se préparer avant!

Sur la route vers Trenčín

–> Apprendre des mots essentiels dans la langue locale: bonjour, s’il vous plaît, merci, où est, combien, besoin d’aide. Ça peut sembler évident, et peut-être pas nécessaire. Même si beaucoup de gens parlent anglais (surtout les jeunes) ou même français (surtout les gens plus âgés… ce qui est d’ailleurs le sujet de mon projet de maîtrise!!), dans les secteurs où la population est moins en contact avec les étrangers (et pas besoin d’aller bien loin pour les atteindre!), ça peut vraiment aider. En fait, c’est surtout que les locaux vont apprécier l’effort et être plus disposés à aider! J’ai pris l’habitude de commencer et finir mes interactions dans la langue de mon interlocuteur. Déjà c’était beaucoup plus facile d’attirer son attention, et je trouve que je recevais plus, la personne s’investissait plus par exemple à me renseigner sur un plat, puisqu’elle voyait que je voulais me plonger dans la culture du pays en essayant de parler la langue. Et finalement, je trouve que c’est une marque de politesse! Dans la situation inverse, un touriste qui nous aborde à Québec avec un bonjour avant d’enchaîner en anglais éveille de la bienveillance!

–> Pas nécessairement dans l’optique de communiquer, mais de connaître des mots comme les jours de la semaine, ouvert/fermé, entrée/sortie, etc. peut éviter bien des tracas!! Surtout que, parfois, un magasin peut vraiment avoir l’air fermé, voire hors d’usage, voire abandonné depuis longtemps, alors qu’en fait, il est parfaitement fonctionnel et une affiche écrite à la main indique qu’il ouvrira à 10h!

Le genre de pancarte écrite à la main, dans ce cas pour demander de fermer la porte (en roumain)

–> Connaître le nom local des lieux. Comme je l’ai dit, ceux importants seront traduits en anglais, mais peu probablement les villages ou les attractions. Ça aidera vraiment à se retrouver sur une carte! Moi qui cherchais le Monument Samara à Stara Zagora, dont la visite était recommandée par un site anglophone, ça a été un peu compliqué de trouver l’équivalent Мемориален комплекс “Бранителите на Стара Загора », qui se traduit par le Mémorial des défenseurs de Stara Zagora, sur les cartes locales!

Monument Samara, Bulgarie

–> Pour les visiteurs des pays cyrilliques, apprendre l’alphabet, juste le son des lettres, est d’une grande aide. Surtout pour lire des menus (surtout si ces menus sont uniquement en bulgare et en polonais, ce qui n’est pas d’une grande aide!). Beaucoup de mots du domaine de la nourriture sont assez semblables une fois déchiffrés! Par exemple, десерт en bulgare se prononce exactement comme sa traduction, « dessert », de même que шоколад pour « chocolat » (on remarquera une propension pour le sucrée).

Garash, gâteau au chocolat bulgare

Bref, c’est préférable d’arriver dans l’Est préparé, pour une expérience plus enrichissante, moins d’incompréhensions cartographiques, et plus de desserts!

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