J’ai dû aller à l’hôpital en Bulgarie pour la même raison qu’en Roumanie, mais ça a été une tout autre expérience!

Cette fois, l’hôpital était au centre-ville de Stara Zagora, à un coin de rue de mon travail. C’était en octobre, il faisait relativement chaud, c’était l’après-midi, et surtout, c’était un mardi. L’hôpital occupait une partie d’un bloc commercial sur une rue principale. La porte d’entrée était au niveau du trottoir, mais des escaliers amenaient directement au sous-sol, où un bureau d’accueil, avec une vitre trouée pour s’entendre, attend les patients.

J’ai commencé par demander si la réceptionniste parlait anglais. Assez âgée, et de mauvaise humeur, elle m’a répondu que non. J’ai baragouiné en bulgare que j’avais besoin d’un examen de santé pour un permis de résidence. Elle m’a dit en gros: не, сряда (né, sriada), pour: non, mercredi. Ce que j’ai interprété comme de quoi il fallait que je revienne le lendemain, mercredi, parce que ce genre d’examen n’a pas lieu le mardi. Bon. Je reviens le mercredi, cette fois en disant directement en bulgare (inutile de la fâcher davantage) la raison de ma visite. Elle me donne un bloc-notes avec plein de papiers dessus (je comprends plus tard que chaque papier correspond à un examen à passer), m’indique un montant à payer (qui équivaut à une soixantaine de dollars) et tapote avec son crayon le numéro d’un local sur la première feuille.

Aidée d’un plan au mur, je me retrouve à monter plusieurs étages pour faire la file devant une porte pour le premier examen. Je n’ai aucune idée ce sera sur quoi. Quand c’est mon tour, le médecin me fait entrer. Son bureau ressemble beaucoup plus à un hôpital, très minimaliste et beige. Il est âgé et ne parle pas anglais, mais voit bien que je ne parle pas beaucoup bulgare. Très sympathique, il tente de me mimer les questions, en me pointant par exemple une partie du corps pour me demander si ça fait mal ou non. Je réponds няма проблем (niama problem) quelques fois, avant de montrer mon corps en entier pour lui dire qu’il n’y a pas de problème nul part. Il rit, et coche rapidement les cases restantes sur la feuille.

La page suivante m’amène à un bureau un étage plus haut. Le médecin qui l’occupe sort examiner la file, et semble choisir ses patients en fonction de leurs documents. Quand arrive mon tour, je comprends que ce sont mes oreilles qui seront examinées. Ce médecin parle un peu anglais, et en voyant quel sera mon prochain examen, m’y amène lui-même en utilisant les portes des salles interconnectées. C’est une optométriste qui prend la relève et me fait deviner les sons des lettres plutôt que leur nom, puisque je ne les connais pas. Elle me diagnostique le même degré de myopie qu’à Québec, ce qui montre que les appareils, même s’ils sont vieillots, fonctionnent aussi bien!

Le dernier arrêt semble plus être une secrétaire qu’un spécialiste, qui compile les résultats de tous les examens pour remplir un document officiel qui certifie que je peux demander un permis de résidence. La démarche a été plus sérieuse et complète qu’en Roumanie (surtout avec le papier final, qui n’est pas écrit à la main!), mais cette fois, l’anglais et mon statut d’étrangère ne m’ont pas aidée, et peut-être même nuit un peu avec la première réceptionniste. Ce que je peux dire, c’est que ces anecdotes s’ajoutent à toutes celles, dans les deux pays, où j’ai croisé la route de personnes qui m’ont rendu service d’une façon ou d’une autre, et dans ce cas-ci, qui ont rendu mes visites à l’hôpital assez simples, ou en tout cas, beaucoup plus qu’à Québec!

Je ne connais pas bien comment fonctionne le système de santé bulgare, mais en gros, ils ont aussi une assurance maladie. Par contre, une discussion avec la propriétaire de mon appartement m’a appris que la majorité des gens préfèrent payer pour avoir des services plus rapidement, un peu comme ici, sauf que pour eux c’est pratiquement nécessaire pour tout le monde. Au final, ils payent leur assurance, obligatoire, et un médecin en plus, chaque fois qu’ils en ont besoin. Je crois donc que je me suis directement rendue dans une clinique privée, et que de payer en arrivant m’a ouvert la porte pour tous les services. Je ne pourrais pas dire si c’est mieux ou non, en tout cas ça a été rapide et on s’est bien occupé de moi. Je crois que parce qu’il y a principalement des cliniques privées un peu partout, ça réduit l’attente et rend les services plus accessibles. Le mauvais côté, que je n’ai pas vu donc c’est une hypothèse, est peut-être que les moins fortunés doivent en contrepartie attendre encore plus longtemps pour être soignés dans le système public, vu que la majorité des médecins sont au privé… Ce n’est pas la solution parfaite!

Stara Zagora, Bulgarie

6 commentaires »

  1. Si on compare avec ton autre expérience, est-ce que l’hopital était aussi loin et style dépanneur du coin ou au centre ville style américain? Je me demande comment est la nourriture dans ces hôpitaux…

    Aimé par 1 personne

    • Aucune idée pour la nourriture, mais je lance l’hypothèse que c’est moins suremballé que dans un centre ville américain! Celui-là était plus urbain disons, et vraiment au milieu de la ville, mais moins évident parce que sa façade se fondait avec le reste des bâtisses de la rue

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  2. Morgane,

    Tes deux expériences en Roumanie et en Bulgarie sont vraiment intéressantes et différentes. Cependant ça ressemble plutôt à une visite en clinique ou en salle d’urgence, où tu avais attendu 12 heures à Québec. Peut-être que dans les hôpitaux de grandes villes, ce serait aussi le cas??? Je ne le souhaite pas! Heureusement en tous cas que tu n’as pas eu à vivre une véritable hospitalisation!

    Puisque tu parles de système de santé, as-tu pu avoir des échos, par des contacts que tu as conservés dans ces deux pays, comment la pandémie a été vécue là-bas? On n’en a pas tellement parlé, à part la Russie. Une petite remarque d’ex-professeur de français, le verbe naviguer est un verbe Intransitif! A bon entendeur, salut!

    Lisette

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    Aimé par 1 personne

    • Oh c’est vrai!! En anglais ce ne l’est pas, et j’avais d’abord imaginé le titre en anglais… on entends moins souvent l’expression en français je trouve!
      Le début de la pandémie a été comme ici avec un confinement, et il y a eu un autre confinement en automne. Mais depuis, à part pour les masques, c’est redevenu à peu près normal. Les gens en sont à leur deuxième dose de vaccin, les spectacles ont repris, les restaurants sont ouverts…

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    • On dirait que même avec un équipement, et des installations plus vieilles, la performance est meilleure… tu pourrais aller faire des études de terrain XD

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