Subotica, Serbie

La Serbie ne fait pas partie de l’Union européenne, contrairement aux autres pays de l’Europe de l’Est que j’ai visités. L’Union européenne offre plusieurs avantages (économiques, politiques, partenariats, etc.) à ses membres, mais surtout à leurs habitants, dans le contexte du libre-échange qui facilite les allers et venues pour voyager, étudier et travailler. Les touristes en profitent aussi en pouvant facilement passer les frontières à l’interne. Par contre, je dois avouer que j’étais bien contente quand je suis arrivée à Subotica, une ville du nord de la Serbie, et que j’ai découvert des avantages à ne PAS faire partie de l’Union européenne.

En mai 2018, le Règlement général sur la protection des données de l’Union européenne a été mise en place. En gros, ça touche surtout les médias sociaux, et permet une meilleure protection des données sur Internet. Ce qui en soit est excellent, sauf que, dans les mois qui ont suivis, ça a fait que certains sites étaient bloqués sur le territoire de l’UE. Alors, en habitant là-bas, je n’avais plus accès à certains sites québécois comme ceux des journaux, ou, ce qui a été particulièrement éprouvant, le site qui diffuse une certaine émission de téléréalité (Ok j’avoue, je ne pouvais pas écouter Occupation Double et j’étais désespérée). En manque de potins québécois, j’ai même écrit à la station de diffusion pour leur faire part du problème, au nom de tous les expatriés du Québec, et ils m’ont répondu qu’ils ne pouvaient rien faire à cause du nouveau Règlement. Je ne sais pas si c’est possible maintenant, mais en 2018 et 2019, je me suis vraiment ennuyée d’entendre du québécois… jusqu’à ce que j’arrive en Serbie.

Quand on entre en Serbie par la route depuis un pays dans l’UE, c’est assez évident que la Serbie n’y est pas, parce qu’il y a deux postes frontaliers à passer: celui pour quitter l’UE, et celui pour entrer en Serbie. Mais c’est quand j’ai machinalement cliqué sur un lien qui aurait normalement été bloqué, que j’ai eu la surprise de voir qu’il ne l’était pas, et que j’ai réalisé que sortir de l’UE me permettait de ravoir accès à tous les sites bloqués par le Règlement!! Je ne m’y connais vraiment pas en protection des données, alors je ne pourrais pas dire si la Serbie fait un bon travail, de son côté, en comparaison à ce que l’UE offre, mais en tout cas j’étais vraiment contente de ne plus être limitée!

Par contre, ne pas être dans l’UE fait que la Serbie n’a pas à se plier à leurs lois. Ça a ses bons comme ses mauvais côtés, en dehors de la joie égoïste de pouvoir visionner des émissions québécoises. Personnellement, je trouve que ça donne un petit côté authentique, et ça offre une expérience de voyage différente, qui demande quelques ajustements, mais qui font découvrir un côté plus « rustique » je dirais, moins tourné vers la modernité comme l’UE l’est. Peut-être qu’en n’était pas autant impliquée dans le libre-échange, la Serbie peut plus facilement garder ses traditions et produits locaux au premier plan… Quoique dans les villages roumains et bulgares, qui sont en théorie dans l’UE, on ne croirait pas non plus que les influences étrangères se sont rendues… Ce serait un débat intéressant pour plus tard, mais pour l’instant, mon but est de souligner ce que ça sous-entend pour les voyageurs de se retrouver en-dehors de l’UE.

À part un plus grand accès à Internet et plus de douanes où faire la file, l’autonomie de la Serbie fait qu’elle n’a pas à adhérer aux lois anti-tabac de l’UE (qui sont sensiblement les mêmes qu’ici, sauf pour le 9m). Les magasins sont non-fumeurs, mais les restaurants, bars et cafés ne le sont pas. Pour ceux comme moi qui ne veulent pas manger dans un nuage de fumée, ça complique un peu les choses. Mais c’est comme ça que j’ai découvert un groupe Facebook qui regroupe les lieux non-fumeurs de Belgrade, la capitale, et je suis très heureuse d’y avoir découvert mon restaurant préféré de la ville, qui sert le MEILLEUR smoothie (un article à venir!). Sinon, ça m’a permis aussi de me tourner vers la nourriture de rue, ce que je recommande fortement. De la nourriture traditionnelle servie dans des petits kiosques ou roulottes un peu partout, c’est rapide, plus authentique on dirait que dans un restaurant chic, et c’est plaisant de visiter en mangeant!

Cevapi, sandwich serbe à Niš: viande épicée, salade de chou et fromage de brebis local

Enfin, visuellement, il y a l’absence des drapeaux de l’UE, beaucoup de pancartes unilingues, mais au final, ça rend l’expérience plus « serbe » que « européenne ». On se sent un peu plus isolé, un peu plus « comme avant », quelque part entre le Royaume des Serbes des années 1800 et la Yougoslavie. Étant donné qu’on se dirige vers un avenir un peu plus multiculturel et transnational, je suis contente d’avoir pu visiter la Serbie dans le temps de ce qui sera probablement bientôt l’époque hors Union européenne!

Sur la route entre Niš et Belgrade

6 commentaires »

  1. Pour voyager 6 mois en Europe, et respecter Schengen (90 jours max), nous avions le choix entre l’est de l’Adriatique ou le Royaume-uni. Notre parcours s’harmonisait mieux avec un séjour chez les Sujets de Mme II et leurs voisins, les Trèflés et leur légendaire…taux d’humidité ! (Merci Commonwealth !)
    Nous y étions quelques jours après l’adoption du Brexit…enlever les douanes d’un bord, en ajouter de l’autre…
     « Ils sont fous ces Européens ! » comme dirait l’autre…🙄

    Aimé par 1 personne

    • XD XD XD entre les Bretons et l’Empire romain…
      Vous avez choisi la fraîcheur humide au lieu de la chaleur sèche… Pour du vélo à longueur de journée, j’imagine que c’était préférable!

      J’aime

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